Quand les soirées fraîchissent, l’huile essentielle de ravintsara sort souvent des placards. Son parfum vif, un peu camphré, plaît beaucoup et donne vite une impression de fraîcheur dans une pièce. Comme toute huile essentielle, elle reste pourtant un produit très concentré. Voici d’où elle vient, comment la reconnaître, comment l’utiliser avec bon sens et à qui elle ne convient pas.
D’où vient le ravintsara ?
Le ravintsara est tiré des feuilles d’un camphrier, Cinnamomum camphora, un arbre de la famille des Lauracées, comme le laurier sauce et la cannelle. Originaire d’Asie, il a été introduit à Madagascar, où il pousse aujourd’hui en abondance. Sur l’île, il ne produit presque plus de camphre : son huile est surtout riche en 1,8-cinéole, la molécule qui lui donne son odeur fraîche, proche de celle de l’eucalyptus.
Son nom vient du malgache et signifie à peu près « bonne feuille ». On le confond souvent avec le ravensare (Ravensara aromatica), une autre plante de Madagascar dont l’huile n’a pas du tout la même composition. Même dans les boutiques, les deux noms sont parfois mélangés : d’où l’importance de bien lire l’étiquette.
Ce que contient l’huile
L’huile est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des feuilles fraîches. Le 1,8-cinéole en représente la plus grande partie. On y trouve aussi du sabinène et de l’alpha-terpinéol, qui arrondissent son parfum et lui donnent une petite note boisée et épicée.
La composition varie un peu d’une récolte à l’autre. C’est pourquoi les fabricants sérieux analysent chaque lot et indiquent ses principales molécules sur un bulletin d’analyse.
Bien choisir son flacon
- Le nom latin complet doit figurer sur l’étiquette : Cinnamomum camphora, chémotype 1,8-cinéole, feuilles.
- Une huile 100 % pure et naturelle, sans mélange, avec le pays d’origine indiqué.
- Un flacon en verre teinté, muni d’un compte-gouttes et d’un bouchon de sécurité.
- Un fabricant qui donne accès au bulletin d’analyse de son lot.
- Une date limite d’utilisation lisible.
En diffusion
C’est l’usage le plus courant. Quelques gouttes suffisent pour parfumer une pièce. Le diffuseur à brumisation, qui mélange l’huile à de l’eau, donne une odeur douce et convient bien à une chambre ou à un salon. Le diffuseur par nébulisation, qui projette l’huile pure en très fines gouttelettes, est beaucoup plus intense : réservez-le aux grandes pièces et à des séances très courtes.
Diffusez par séances de quinze à vingt minutes, puis aérez. Ne diffusez pas toute la nuit, ni dans une pièce fermée où quelqu’un dort. Évitez la diffusion en présence d’un bébé, d’une femme enceinte, d’une personne asthmatique ou d’un animal, les chats en particulier.
Son odeur se marie bien avec les agrumes, comme le citron ou l’orange douce, et avec les conifères, comme le pin ou le sapin. Une ou deux gouttes de chacune suffisent pour composer une ambiance d’hiver.
Sur un mouchoir
Une goutte sur un mouchoir, que l’on respire de temps en temps, permet de profiter de son parfum sans en mettre partout, au bureau ou en voiture. Gardez le mouchoir hors de portée des enfants et évitez le contact direct avec la peau du visage.
En massage
Jamais pure sur la peau : mélangez-la toujours à une huile végétale, comme l’huile d’amande douce, de jojoba ou de tournesol, en suivant la dilution indiquée par le fabricant. Faites d’abord un essai au pli du coude et attendez 24 heures avant de l’utiliser plus largement.
Le mélange s’applique en massage doux, par exemple sur le haut du dos. Évitez le visage, les yeux, les muqueuses et la peau abîmée. Lavez-vous les mains après l’application.
Le flacon de votre fabricant indique les quantités et les âges à respecter. Ce sont ses consignes qui priment.
Qui doit s’en passer ?
- Les femmes enceintes ou qui allaitent.
- Les enfants : respectez l’âge minimum écrit sur le flacon et demandez l’avis d’un pharmacien. Les huiles riches en cinéole peuvent provoquer des convulsions chez les jeunes enfants.
- Les personnes épileptiques.
- Les personnes asthmatiques ou qui ont une fragilité respiratoire.
- Les personnes allergiques à l’un de ses composants : la liste figure sur l’étiquette.
Ne l’avalez jamais sans l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Si vous suivez un traitement, demandez conseil avant toute utilisation.
Ranger et conserver
Rangez le flacon bien fermé, debout, à l’abri de la lumière et de la chaleur, et hors de portée des enfants, comme un médicament. En vieillissant, une huile essentielle s’oxyde : son odeur change et elle irrite davantage la peau. Une huile entamée depuis longtemps sert plutôt à la diffusion qu’au massage.
En cas d’ingestion accidentelle, surtout par un enfant, ne faites pas vomir et appelez immédiatement un centre antipoison ou le 112. En cas de projection dans l’œil, rincez longuement et demandez conseil si la gêne persiste.
Les erreurs à éviter
- L’appliquer pure, même sur une petite zone : brûlures et irritations sont fréquentes.
- Diffuser toute la nuit ou dans une pièce fermée.
- Se fier au seul nom « ravintsara » sans vérifier le nom latin.
- Laisser le flacon à portée d’un enfant, même un instant.
- Remplacer une consultation par une huile essentielle quand on ne va pas bien.
Quand demander un avis médical ?
Une huile essentielle n’est pas un remède. Si vous avez de la fièvre, une toux qui dure plus de quelques jours, du mal à respirer ou une douleur dans la poitrine, consultez un médecin. En cas de rougeur, de démangeaison ou de gonflement après une application, appliquez une huile végétale sur la zone puis lavez à l’eau et au savon, et demandez conseil.
FAQ
Ravintsara et ravensare, est-ce la même chose ?
Non. Ce sont deux plantes différentes, même si elles poussent toutes les deux à Madagascar et que leurs noms se ressemblent. Leurs huiles n’ont pas la même composition ni les mêmes précautions : vérifiez toujours le nom latin sur l’étiquette.
Ravintsara ou eucalyptus, quelle différence ?
Leurs odeurs se ressemblent parce qu’elles contiennent toutes les deux beaucoup de 1,8-cinéole. Mais ce sont des arbres de familles différentes, et les précautions varient selon l’espèce d’eucalyptus. Choisissez selon le parfum qui vous plaît, et suivez la notice de chaque flacon.
Peut-on l’utiliser pour un enfant ?
Seulement à partir de l’âge indiqué par le fabricant et après l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin. Pour un bébé ou un jeune enfant, on n’en utilise pas, ni sur la peau ni en diffusion dans sa chambre.
Peut-on en mettre dans le bain ?
Une huile essentielle ne se mélange pas à l’eau : versée telle quelle, elle flotte et peut irriter la peau. Si vous le faites, diluez-la d’abord dans une base prévue pour le bain, et suivez les quantités du fabricant.
Peut-on la diffuser en présence d’animaux ?
Mieux vaut éviter, surtout avec un chat, un oiseau ou un rongeur, qui supportent très mal les huiles essentielles. Si vous diffusez, faites-le dans une pièce où l’animal ne va pas et aérez bien ensuite.
Combien de temps se conserve-t-elle ?
Fermé et à l’abri de la lumière, un flacon se garde plusieurs années. Une fois ouvert, utilisez-le dans les délais indiqués sur l’emballage. Une odeur qui a changé est le signe qu’il vaut mieux ne plus l’appliquer sur la peau.
Peut-on la mélanger à d’autres huiles essentielles ?
En diffusion, oui : elle s’associe bien aux agrumes et aux conifères. Pour un mélange à appliquer sur la peau, chaque huile ajoute ses propres précautions. Demandez conseil à un pharmacien avant de composer votre mélange.
Que faire si un enfant a avalé de l’huile ?
Ne le faites pas vomir et ne lui donnez rien à boire sans avis. Appelez tout de suite un centre antipoison ou le 112, en gardant le flacon à portée de main pour donner son nom exact.
Sources
- Université de Montpellier, « Ravensara aromatica ou Ravintsara ? »
- Notices et étiquettes des fabricants des huiles présentées.